Présence des morts

On ne sait jamais quoi faire de la mort. C’est extrêmement encombrant. On vit avec. Elle prend toute la place. Pourtant, elle ne bouge pas, on ne la voit pas si souvent. Et puis un jour, elle surgit brutalement de derrière le rideau, comme si elle avait toujours été là, à vous épier. Et elle reste. Elle vous rappelle son existence sans aucune précaution. 

On ne s’habitue pas. 

Je me souviens de la voix de mon interlocutrice au téléphone, brisée par le chagrin, quand elle m’a appris pour Pascal Clairet. Stupeur de la chiennerie de la vie. Printemps noir : Laurent Vaillé et Olivier Lemasson ont suivi. 

Si la profession est profondément endeuillée, les joyeux, les mélancoliques, les esthètes, les gourmands, tous les amateurs de vin nature le sont autant.  

“C’est le gel, c’est trop dur pour les vignerons.”

“C’est le Covid, il y a eu trop de pertes, c’est terrible.”

“Ce sont des histoires personnelles, ça n’a rien à voir avec le vin.”

Le monde du vin nature est minuscule. Les chagrins y sont partagés, comme les colères, les luttes et les joies. Mais la mort est intime. 

Aux familles, aux amis, aux glouglouteurs de tous poils qui ont aimé leurs vins. 

À la mémoire de 

Pascal Clairet
Laurent Vaillé
Olivier Lemasson 

À leurs familles

 MEL 

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