Nous entrons en campagne

Nous entrons en campagne. Il y a des arbres et des oiseaux. Il y a aussi des vigneronnes à qui on aimerait bien rendre visite, pour qu’elles nous parlent de leurs vignes, de la vie et de leurs envies.

Cela fait maintenant quelques mois que Laurent et moi travaillons (bénévolement) pour Filles de Vignes : une série podcastable qui donne la parole aux femmes dans le milieu du vin. Deux épisodes ont vu le jour, le premier sur Claire Richaud, du Domaine Richaud, à Cairanne, et le deuxième sur Nathalie Lefort, vinaigrière « nature » à Banyuls.

Pour continuer, et parce que le programme est vaste (et la France encore plus), nous avons besoin de vous. C’est pourquoi nous avons lancé le 9 septembre dernier une campagne sur Ulule !

Ce financement servira aux frais de transport et d’hébergement et à la production des contenus eux-mêmes (recherche, écriture voix off, réalisation, enregistrement de la voix off, musique originale, mixage, post-production, frais Ulule).

Dans les épisodes en préparation, si tout va bien, on pourra entendre, entre autres :

  • La sommelière : Laura Vidal (Marseille)
  • La paysanne : Hélène Thibon (Saint-Marcel-d’Ardèche)
  • L’universitaire : Laure Ménétrier (Épernay)
  • Les vigneronnes de mère en fille : Catherine et France Breton (Restigné)
  • Les cheffes œnophiles : Marie Laroche & Lucie Bichelberger (Paris)
  • L’éditrice militante : Anne Zunino (Paris)
  • à confirmer : des cavistes, des vigneronnes amoureuses, des vigneronnes en solo…

Enfin, si le pallier de financement est dépassé, d’autres épisodes seront produits.

Pluie de bisous (de coude) et de câlins (masqués).

Marie-Ève & Laurent

Virginia Woolf est une fille de vignes

My great adventure is really Proust. Well – what remains to be written after that? I’m only in the first volume, and there are, I suppose, faults to be found, but I am in a state of amazement; as if a miracle were being done before my eyes. How, at last, has someone solidified what has always escaped – and made it too into this beautiful and perfectly enduring substance? One has to put the book down and gasp. The pleasure becomes physical – like sun and wine and grapes and perfect serenity and intense

vitality combined.

(Letters II, 3 oct. 1922, 566,) 

Ma grande aventure, c’est vraiment Proust. Eh bien – que reste-t-il à écrire après cela ? Je n’en suis qu’au premier tome, et il y a, je suppose, des défauts à trouver, mais je suis dans un état d’étonnement ; comme si un miracle se faisait sous mes yeux. Comment, enfin, quelqu’un a-t-il solidifié ce qui a toujours échappé – et en a fait aussi une substance aussi magnifique et parfaitement durable ? Il faut poser le livre et souffler. Le plaisir devient physique – comme le soleil, le vin et le raisin, et la sérénité parfaite et cette intense

vitalité combinée.

(Lettres II, 3 oct. 1922, 566,)

(La traduction de votre humble servante)

Merci à Marie-Dominique Garnier, professeure au département de Gender Studies à Paris VIII, de m’avoir envoyé cet extrait.